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UNE SORBONNE HUMAINE POUR SORBONNE UNIVERSITÉ Elections à la Faculté des Lettres 14 novembre 2017
UNE SORBONNE HUMAINE POUR SORBONNE UNIVERSITÉElections à la Faculté des Lettres 14 novembre 2017 

Ce que nous refusons

NOTRE TEXTE DE CAMPAGNE A ETE MODIFIE ET ACTUALISE A LA LUMIERE DES  DEVELOPPEMENTS RECENTS.

 

 

1. Une gouvernance autoritaire et trop concentrée

Cette gouvernance fait reposer les décisions collectives sur les choix d’un seul, sans aucun débat démocratique.

        

2. Une gestion strictement comptable de l'université

Cette gestion est contraire à l’esprit et à la nature même des disciplines qui font l’identité de l’université Paris-Sorbonne :

 

A) nous souhaitons d’une part que les orientations de notre université soient déterminées avant tout par des critères scientifiques et non par des considérations gestionnaires.

 

B) la répartition des crédits nous paraît par ailleurs discutable : d’un côté, l’argent de l’Idex a été employé à des dépenses faramineuses, par exemple dans des travaux coûteux dans la bibliothèque de Malesherbes qui est quasi-neuve. De l’autre, la réduction drastique des crédits en heures complémentaires et en postes de lecteurs a affaibli les enseignements et conduit à sacrifier, en lecteurs, trois langues en cinq ans : le biélorusse, l’ukrainien, le bulgare. Ce sont des langues à faibles effectifs d’étudiants, mais la fonction de notre université n’est-elle pas aussi de représenter autant de cultures que possible ? N’y a-t-il pas là, aux plans pédagogique et scientifique, une perte préjudiciable ? Nous souhaitons au contraire ne pas voir les enjeux pédagogiques et scientifiques ramenés au seul critère de « rentabilité » (sommes-nous d’ailleurs rentables ?), et voir représentés autant de domaines que possible des humanités.

 

3. Une fusion avec Paris 6 imposée et mal organisée

         La fusion avec l’UPMC a été imposée sans concertation préalable. Depuis, les différents comités ont fait croire à des échanges, alors que les statuts sont en fait conçus exclusivement par les deux présidents. De fait, si elle se produit, la fusion va conduire au retour à l’Université de Paris des années 1960, au sein de laquelle Paris-Sorbonne transformée en Faculté ne jouira d'aucune indépendance, contrairement à ce qui avait été promis. Il est clairement dit dans les statuts que les "compétences élargies" des doyens des facultés consisteront en fait à exécuter la politique définie par le président de la nouvelle université.

 

A) la fusion, inscrite dans le projet de l'Idex de 2002, a été niée pendant toute une mandature, avant d'être proclamée à grand bruit en septembre 2015. L'avis de la communauté n'a jamais été sollicité, alors que nous réclamions un referendum. 

 

B) jusqu'aux élections, la communication à ce propos a soigneusement évité le mot même de « fusion », qui est désormais employé, après que l'idée en a été insinuée dans les esprits. Significativement, la même politique de communication a été employée à Paris 6. ne doit-on pas appeler cela de la manipulation ? 

 

C) la justification première de cette décision est un chantage choquant à l’Idex. Or, premièrement, jamais, depuis que nous disposons de l’Idex, notre université n’a vécu dans une telle pénurie et nos composantes n’ont vécu dans une situation si difficile ; la communauté universitaire sait bien que nous avons bien trop peu bénéficié de l’Idex. Deuxièmement, L'Idex ne représente que 6% de notre budget. Ce que nous perdrons au cours des années qui suivront la fusion est sans comparaison avec cette prétendue manne. Troisièmement, on nous a menti pendant les élections sur les garanties de l'autonomie budgétaire des facultés : cette autonomie n'existe pas, et elle ne pouvait pas exister car le statut des universités en France ne le permet pas.  En plus du budget, les transferts de postes entre facultés sont possibles, et ne manqueront pas de s'opérer, contrairement à ce qu'on nous affirme.  

 

D) l’équipe présidentielle présente cette fusion comme un processus inévitable et généralisé à l’ensemble du paysage universitaire français. Or, l’évolution la plus récente montre qu'il n'en est rien : PSL n'a jamais envisagé de fusion, Paris-Saclay l'a finalement refusée, de même que le CAC de Paris 3. Paris 1 est même sortie de la COMUE HESAM. Paris 2, qui devait (à ce qu'on nous jurait), au lendemain même des élections, rejoindre notre projet de fusion, se tient soigneusement à l'écart, comme il fallait s'y attendre. Devons-nous accepter d'être manipulés? Devons-nous accepter d'être les seuls sacrifiés ?

 

E) les suppressions de postes de BIATSS (en CDD) à prévoir poseraient non seulement de graves difficultés humaines, mais occasionneraient aux étudiants et à l’administration un sous-encadrement contradictoire avec le système de masse mis en place par cette fusion. La situation serait nettement aggravée par l’afflux croissant d’étudiants que la courbe démographique laisse prévoir et dont nous avons déjà senti les prémisses cette année ;

 

F) les exemples de fusion, à Aix-Marseille, à Strasbourg, à Bordeaux, à l’université de Lorraine, ont tous donné des résultats catastrophiques. Pourtant, ils reconstruisaient, à l’exception de l’université de Lorraine, des schémas qui avaient déjà existé. Et comme dans notre cas, ils ne présentaient pas de superpositions de disciplines ;

 

G) un argument en faveur de la fusion est de construire une université pluridisciplinaire ; mais le droit et les sciences économiques manqueraient toujours à une université qui compterait pourtant plus de 55.000 étudiants. Dans le système des majeures et des mineures, nos disciplines seront presque toujours des mineures, et cette future université fusionnée pourrait conduire à faire pour partie de nos disciplines des disciplines ancillaires dans la formation d’étudiants scientifiques : entre l’étude de la littérature, de la linguistique et de la civilisation d’un domaine étranger et l’enseignement de l’anglais comme outil de communication dans la formation des scientifiques, un pas pourrait rapidement être franchi ;

 

H) la contre-partie à cette pluridisciplinarité est un gigantisme ingérable. Le modèle qu’on nous présente est constitué par les universités anglo-saxonnes. Mais, aux Etats-Unis, Harvard, qui couvre tous les champs disciplinaires, compte 19.139 étudiants ; Stanford 19.945. En Grande-Bretagne, Cambridge en compte 17.868 et Oxford 18.703. Ce que nous imitons est en réalité le grand mouvement de fusions d’universités qu’a connu la Chine dans les années 1990. Ce mouvement a abouti à des structures gigantesques, et Tsinghua, l’université la plus importante de Pékin, compte aujourd’hui 40.000 étudiants. Il s’agit d’un pays d’un milliard et demi d’habitants, mais notre université fusionnée, ajoutant aux 32.000 étudiants de l’UPMC nos 25.000 étudiants, atteindrait 57.000 étudiants. Sans même couvrir le droit et les sciences économiques (mais elle atteindrait 76.000 étudiants si Panthéon-Assas nous rejoignait), elle dépasserait de loin le gigantisme de Tsinghua.

 

Cette fusion, loin de parvenir à l’excellence que l’on prétend, remettrait en place le système de masse que nous avons souhaité voir disparaître en 1970.

 

 

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